25.05.08

Volte/Face de John Woo (1997)

Volte_Face

Qui mieux que John Woo symbolise le triste sort réservé aux "expats" hongkongais en terres hollywoodiennes ?
Tous, ou presque, furent condamnés à "singer" le cinéma hongkongais en n'en conservant que les codes les plus superficiels. Toutefois, il y eut des miracles. Pour John Woo, éreinté par un Chasse à l'homme castré au montage et par un Broken Arrow informe, le salut vint par la grâce d'un producteur intelligent (Michael Douglas), d'un script en béton armé débarassé à 99% de ses oripeaux SF, et de deux acteurs virtuoses dans l'art de la surenchère (Nicolas Cage et John Travolta). Si l'on retrouve tout Woo - la rédemption, les symboles religieux - dans cette hallucinante histoire d'échanges de visages entre un terroriste fada et l'agent du FBI lancé à ses trousses, Volte/Face frappe surtout par le degré d'ambiguïté que le réalisateur de La dernière chevalerie insuffle à ses deux personnages principaux.
La filmographie du cinéaste recèle bien sûr quelques figures ambivalentes, mais jamais il n'avait exploré avec autant de subtilité et d'emphase la porosité entre le bien et le mal dans le psyché de ses héros.
En résulte des séquences tout simplement extraordinaires ou, sur un mode plus discret, réellement troublantes, qui comptent parmi les plus définitives de l'oeuvre de Woo, pourtant sacrément riche en la matière ...

Laurent Duroche pour MadMovies

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