23.05.08

May de Lucky McKee (2002)

May

Ça faisait bien longtemps qu'on n'avait vu débarquer un premier long métrage aussi original que prometteur. Et aussi viscéralement sanglant, puisque le dernier acte paye son tribut aux classiques que vénère McKee, reprenant les meurtres en puzzle de La résidence de Narciso Ibanez Serrador et La maison près du cimetière de Lucio Fulci.
Pour en arriver là, May fait cependant mine de s'insérer dans le cinoche indépendant ricain (des personnages marginaux dans un faubourg propret), tout en en remplaçant l'unanimisme et le sentimentalisme mou par un mélange inédit de cruauté et de bouffonnerie.
Le récit croque ainsi une galerie de figures azimutées : chirurgien vétérinaire à l'accent à couper au couteau, lesbienne fofolle, punk hirsute ...
Mais c'est l'héroïne qui entraîne le spectateur dans un processus d'identification très retors. La petite May, pour qui le trash est une seconde nature, représente en effet la copine idéale pour l'ado tourmenté qui sommeille en chaque fan d'horreur.
Or, n'importe qui finirait par en avoir peur, et c'est ce constat qui ouvre un abîme de douleur infinie. Dans le rôle-titre, Angela Bettis tutoie grâce absolue : attifée comme l'as de pique, mais d'une sombre élégance ; des gestes maladroits de poupée désarticulée, qui débordent néanmoins de sensualité ; un petit visage énamouré mais diablement effrayant. sa performance brosse peut-être le portrait de schizophrène le plus poignant qu'on ait jamais vu sur un écran.

Gilles Esposito pour MadMovies

Posté par bourriquay à 15:04 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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