18.05.08

Blindness de Fernando Meirelles

Blindness

Festival de Cannes - En compétition

Synop : Le pays est frappé par une épidémie de cécité qui se propage à une vitesse fulgurante. Les premiers contaminés sont mis en quarantaine dans un hôpital désaffecté où ils sont rapidement livrés à eux-mêmes, privés de tout repère. Ils devront faire face au besoin primitif de chacun : la volonté de survivre à n’importe quel prix. Seule une femme n’a pas été touchée par la « blancheur lumineuse ». Elle va les guider pour échapper aux instincts les plus vils et leur faire reprendre espoir en la condition humaine.

Fernando était déjà venu à Cannes en 2002, mais hors-compétition avec son film dur et poignant La cité de Dieu ...
Peut-être une palme pour cette année ...

Conférence de presse du 15.05.2008 à Cannes.

Lors d'une conférence de presse, le réalisateur brésilien Fernando Meirelles, le scénariste Don McKellar et les comédiens Julianne Moore, Gael García Bernal, Danny Glover, Alice Braga, Yoshino Kimura et Yusuke Iseya ont répondu aux questions des journalistes au sujet de Blindness, le film d'ouverture présenté en Compétition.

Fernando Meirelles sur l’allégorie du livre :
"Lorsque j’ai lu ce livre pour la première fois, j’ai été sidéré par la fragilité de la civilisation. On se considère tellement comme sophistiqué, solide… Il suffit de pas grand chose pour que tout s’écroule. C’est un peu comme si on faisait du patin à glace sur une couche de glace très fine : elle peut craquer à tout moment."

Sur la symbolique de la cécité :
Fernando Meirelles :
"D’un point de vue psychologique, on peut associer les humains à des primitifs : nous sommes similaires à des animaux alors que nous prétendons être civilisés. Dès que nous perdons nos acquis, nous révélons notre vrai visage. On peut aussi y voir un aspect philosophique ou politique ou encore sociologique : comment organise-t-on une société lorsque celle-ci s’effondre ? Comment recommence-t-on à la réorganiser ? Doit-on avoir une attitude éthique comme le Roi du dortoir 1 ou être dur comme celui du dortoir 3 ? Cela me plaisait de soulever autant de questions avec cette histoire passionnante..."
Don McKellar :
"Tout est en rapport avec la surface, avec la superficialité. Nous ne voyons que les choses superficielles sans en percevoir la profondeur. Ce film porte sur la dignité humaine. Il faut définir sa propre dignité, la renforcer par ses actions."
Danny Glover :
"Prenons par exemple les conséquences de l’ouragan Katrina. Ce n’est pas l’action ou l’inaction de gouvernement qui compte, c’est l’invisibilité des victimes ; on ne s’en occupait pas, on ne les voyait pas. Et c’est la même chose dans le reste du monde : l’Irak, la Somalie, le Darfour... La cécité, dans ce film, est une allégorie. Nous vivons dans un monde où nous avons certaines idées sur la perception : nous ne voyons pas les gens autour de nous. Nous sommes confrontés à notre propre sensibilité, à notre propre cécité, à notre inaptitude à voir les autres et ce qui passe autour de nous."

Don McKellar, sur l’aspect politique du récit :
"Lorsque nous avons parlé des droits à l’auteur José Saramago, il voulait que ce film reste une allégorie. Il ne souhaitait pas qu’il porte sur un événement particulier ou un régime politique précis. Politiquement, nous voulions que ce film soit une sorte de métaphore libre qui s’appliquerait à toute négligence de la part des autorités."

Julianne Moore sur l’esprit communautaire :
"Lorsque nous sommes arrivés sur le plateau, nous avons vu qu’ils avaient effectué un excellent travail sur les décors des dortoirs. De fait, nous sommes souvent tous restés ensemble. Je crois qu’on a créé une communauté dont parle le film : on est devenu très interdépendant."

Posté par bourriquay à 12:33 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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